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Longwy

Si tu fais un jour un détour

Par erreur, par envie

Abandonné à chaque carrefour

Tu découvriras un pays

 

Ecrasé par le poids des jours

Banni par un ciel toujours gris

Le monde a gommé les contours

Des usines par le temps meurtries

Voici Longwy

 

Les rues aux trottoirs défoncés

Le béton et la rouille

Offrent un avenir accablé

A ceux qui échappent aux patrouilles

 

Ici on ne pense qu’à la mer

Vers laquelle le viaduc s’enfuit

Narguant la Vallée de la Chiers

Que les touristes n’auront saisie

C’est où Longwy

 

Une vallée comme tu l’imagines

De hangars et de fer

Où l’herbe a recouvert maline

Une vie d’travailleurs, de misère

 

Ce n’est pas le triste belvédère

Qui te laissera ébahi

Mais les vides cités ouvrières

D’Herserange, Rehon, Hussigny

Ou de Longwy

 

C’est de l’autre côté d’la frontière

Qu’en bouchons on se presse

Tandis qu’échoués sur une aire

Seuls les gens du voyage restent

 

De rares voies de chemins de fer

Vite désertées de fleurs enfuies

Qu’on retrouve seulement aux cimetières

Hantés par quelques parapluies

Rien à Longwy

 

Des fabriques aux portails fermés

Ou réduites en caillasse

Par quelques tristes chiens gardés

Aux lotissements laisseront la place

 

L’unique vert d’un golf vengeur

Pour troquer la sidérurgie

Où sont passés les travailleurs

Qui s’étalaient à l’infini

Plus à Longwy

 

Pourtant je revois ces images

Dans les livres d’histoire

D’une masse nombreuse à chaque page

D’une vie heureuse en blanc et noir

 

 Riche de toutes nationalités

Venues chercher pour leurs familles

Des jours meilleurs comme étrangers

Avec la lutte comme seule patrie

C’était Longwy

  

Devant des bâtiments de pierre

Ils sortaient par milliers

Ils étaient nos pères, nos grands-pères

Qui sortaient à la porte B

 

Les verres déjà prêts aux comptoirs

Attendaient ces hommes affaiblis

Mais avant que n’arrive le soir

Les jardins devaient être finis

Pour qu’vive Longwy

 

Je repense à tous ces combats

Pour défendre nos usines

Avec comme cri « Longwy vivra »

Peint sur des assiettes d’la cuisine

 

Au loin pointait l'immense crassier

Couvant les places de monde remplies

Défiant hauts-fourneaux, cheminées

De partout débordait la vie

Une fois Longwy

 

Mais ne nous laissons pas bercer

De sentiments trompeurs

Les machines les ont aliénés

L’existence n’était pas meilleure

 

Des maîtres, tous étaient sous l’emprise

L’école ménagère pour les filles

Les prêtres dociles dans leurs églises

Les notables foulant leurs tapis

Comme à Longwy

 

Que les cheminées fument ou pas

Nous sommes toujours baisés

Mais ça n’finira pas comme ça

La rue pourrait encore gueuler

 

Autrefois, les maîtres de forge

Le grand patronat aujourd’hui

On vit encore à leur horloge

Et on goûterait la nostalgie

Jamais Longwy

Ouvre tes mains

 

Quand des rues monte la colère

Quand un parfum de révolte est dans l’air

Pour exiger justice sur terre

Prenons confiance en nous sans maîtres ni frontières

 

Ensemble synonyme de solution

L’humanité dans la plus simple des émotions

Dépassons le cirque de l’information

Résonnons par nous-mêmes sans peur ni passion

 

Regarde loin

Au-delà l’illusion

Ouvre tes mains

Au-d’là des trahisons

 

Luttons unis pour la libre liberté

Armés de notre sens critique aiguisé

Nous pourrons toucher du doigt un monde volé

Liberté, Egalité, Fraternité

  

Arrachons-nous de toutes leurs certitudes

Interrogeons-nous sur nos bêtes habitudes

Abolissons toute notre solitude

Ne nous abaissons plus à ces servitudes

 

Regarde loin

Au-delà l’illusion

Ouvre tes mains

Au-d’là des trahisons

Plus de peur

Sur nos routes isolés

Plus de cœur

Dans nos voix mêlées

  

Reprenons enfin nos affaires en mains

Explorons l’histoire pour préparer demain

Tout en gardant les pieds sur le terrain

Nous sommes des millions, ils ne sont que quelques-uns

 

Ne crois pas à leurs discours usés

Ils te disent que tu ne peux y arriver

Mais l’amour te fera tout surpasser

Ils ont fait d’un porte-voix un riche métier

 

Regarde loin

Au-delà l’illusion

Ouvre tes mains

Au-d’là des trahisons

Plus de peur

Sur nos routes isolés

Plus de cœur

Dans nos voix mêlées

 

Dans la pénombre du soir

Nourris ton feu de leurs fausses histoires

Ecoute le silence de l’espoir

Tout est possible, il suffit juste d’y croire

 

Regarde loin

Au-delà l’illusion

Ouvre tes mains

Au-d’là des trahisons

Plus de peur

Sur nos routes isolés

Plus de cœur

Dans nos voix mêlées

Sur la route du retour

 

Sur la route du retour

Il y a parfois des travaux

Parfois quelques detours

Parfois même plus de panneaux 

Marchant sur nos vieux jours

Nos traces dans la neige ou la boue

Reconnaissant nos choix de parcours

Reconnaissant d’être debout

 

Sur la route du retour

Nous refaisons le monde

Dont nous ferions le tour

Pour notre âme vagabonde

Des discours sans fin

Des hypothèses foireuses

Mais la vie dans nos mains

Ces années savoureuses

 

Sur les routes du retour

Nous rêvons l’avenir

Plein de ratures, de souvenirs

La vie sans détours

Qui va sans ralentir

Déroule ses tableaux sans mot dire

  

Sur la route du retour

Pas envie de rentrer

Ne pas attendre le jour

Qui trahit nos pensées

Rester dans le possible

De tout c’que nous voulons

Ne pas devenir cible

D’une vie que nous rêvons

Sur la route du retour

Que l’on fait en larmes

On ferait bien demi-tour

Quitte à se prendre un arbre

Et les images défilent

Au rythme qu’on a laissé

Avec de belles paroles

Qu’on n’entendra plus jamais

 

Sur les routes du retour

Nous rêvons l’avenir

Plein de ratures de souvenirs

La vie sans détours

Qui va sans ralentir

Déroule ses tableaux sans mot dire

Sur la route du retour

Y’avait de belles promesses

Elles nous ont joué des tours

On a sauvé le reste

Le monde trop bruyant

Il nous fallait l’entendre

Ouvrir nos cœurs aimants

Pour pouvoir nous surprendre

  

Sur une route du retour

J’ai recommencé à fumer

En essayant de ne pas penser

A ce qui m’avait fait arrêter

A la sortie d’un Carrefour

Qui me ramenait chez moi

En voulant jeter mes pourquoi

J’ai jeté mes plus beaux jours

  

Sur les routes du retour

Nous rêvons l’avenir

Plein de ratures de souvenirs

La vie sans détours

Qui va sans ralentir

Déroule ses tableaux sans mot dire

  

Sur la route du retour

Nous roulions vers nos rêves

Peu importe les vautours

Nous demandions notre reste

On avait vingt ans

La vie était brûlante

Nous n’voulions qu’ des printemps

Pas moyen d’les attendre

 

Sur mes routes du retour

D’où que je sois parti

J’ai toujours ressenti

Que j’allais vers de plus beaux jours

 

Sur mes routes du retour

D’où que je sois parti

J’ai toujours ressenti

Que j’allais vers de plus beaux jours

24 décembre 19h

 

On y est, fausses étoiles dans le ciel

Accrochées par échelle

Dans les rues désertes

 

On y est, trois ampoules une ficelle

Bonheurs artificiels

Nous feraient perdre la tête

 

On y est, la nuit est déjà là

Ce soir c’est le repas

Il m’faut ma chemise

 

On y est, chapeau, chaussettes à pois

J’vais vous faire marrer, moi

Pétards, friandises !

   

Viens avec moi sur la colline

Faire résonner ton rire

La ville semblera plus encline

On fera ma crèche à moi

 

Il paraît, qu’ils pensent à ceux sans toit

Aux exclus dans le besoin

Dans leurs mains leurs cœurs     

 

Il paraît, que quatre millions de repas

Se mangeront dans le froid

Aux restos du Cœur

 

Il paraît, que ce serait ainsi

Que s’éteindraient des vies

Pendant que l’on dort

 

Il paraît, que v’là Tino Rossi

C’est la fête c’est promis

Cotillons alors !

 

Viens avec moi sur la colline

Entendre les trains partir

Viendra le temps où j’te dessine

Les lumières auxquelles je crois

 

Pourquoi pas, le temps de leur bon dieu

De la morale de ceux

Qui ne luttent pas

 

Pourquoi pas, leurs crèches et puis les cieux

De vieux mensonges de ceux

Qui ne partagent pas

 

Pourquoi pas, des vœux pieux comme justice

Des habits d’artifice

Pour nous endormir

 

Pourquoi pas, trouver les chiottes que je pisse

Ou bien faire sur la piste

Juste pour concourir !

 

Viens avec moi sur la colline

Faire résonner ton rire

La ville semblera plus encline

On fera ma crèche à moi

Viens avec moi sur la colline

Entendre les trains partir

Viendra le temps où j’te dessine

Les lumières auxquelles je crois

 

Et voilà, toutes mes pensées sont là

Je ne les retiens pas

J’ voulais te les dire

 

Et voilà, j’sais qu’ils me disent rabat-joie

De tous ces furieux-là

J’voulais te prémunir

 

Et voilà, arrive le Père Noel

Il dit venir du ciel

T’as le corps figé

 

Et voilà, j’me rends à l’étincelle

Au fond des yeux de celle

Qui veut juste rêver

Qui veut juste rêver

Qui veut juste rêver

Qui veut juste rêver

La nouvelle Star

Des chansons improvisées au piano

Une cave comme studio

Des cages d’escaliers en fer et béton

Parlent de peur, de haine, d’illusions

 

Des fins d’mois redoutées et pressantes 

Des rues sales et bruyantes

Vie et beau-père qui cognent sans effroi

Une mère qui se soigne de ce qu’elle boit

 

Une nuit les mots se collent à sa peine

La mélodie de même, s’envole son poème

La vidéo en ligne puis les anonymes

Par milliers partagent ses textes et ses rimes

Par milliers partagent ses textes et ses rimes

 

Hissez-la, cette étoile-là

Cette étoile-là

Faites-la briller sur moi

 

Un coup de fil, une maison de disque

Des parents qui paniquent puis sentent vite le fric

Ses potes eux voient la sortie de ce trou

Monte et fais sauter ce verrou

  

Mais le manager a ses idées

Mange et digère les sujets déjà décidés

Sa soif de tubes assèche ses mots

La première baffe pour la déesse des studios

La première baffe pour la déesse des studios

 

Tenez-la, cette étoile-là

Cette étoile-là

Laissez-la illuminer les toits

Jouez avec mes rêves, excitez-moi

 

Ses chansons passent en boucle à la radio

Nombreux sont les micros

Brûlant de connaître ses petits amours

Et d'en tirer un scoop au grand jour

 

Elle espère encore pouvoir gueuler

Pour interpeller les élites camouflées

Mais leurs magazines payés au scandale

Cherchent l’épine sous ses beaux pétales

Cherchent l’épine sous ses beaux petals

 

Descendez-la, cette étoile-là

Cette étoile-là

Lentement, j’peux pas rater ça

Éveillez mes peurs, manipulez-moi

  

Volée son âme, la magie est partie

Écroulée sous la lame gît sa poésie

De sa courte vie restent les vautours

Et plus un vrai sentiment autour

 

Des chansons dont les médias raffolent

Elle en est devenue folle

Les petites gens ont déserté les rues

Des chansons aux messages convaincus

Des chansons aux messages convaincus

 

Oubliez-la, cette étoile-là

Cette étoile-là

Faites vite, le public aboie

La prochaine ne vous décevra pas

La prochaine ne vous décevra pas

La prochaine ne vous décevra pas

La prochaine ne vous décevra pas

 Les pantins s’exécutent

 

Je profitais d’un verre en terrasse entre amis

Un soleil rouge dans le ciel

Où s’envolaient nos rires complices vers l’infini

A l’amour sans regret fidèles

 

Adossés à nos chaises sous une chaleur d’été

Il nous semblait être libres

Le monde allait à ses petites affaires pressé

Chacun entre ses mains son livre

  

Ils n’ont rien entendu

De notre respect pour elle, notre combat pour elle, la vie

Sur le sol étendue

Les pantins s’exécutent et fuient

 

Les amoureux, les familles se retrouvaient là

Par les enfants entourés

Nous parlions de l’avenir partagé, toi et moi

Loin des discours intéressés

 

C’était un jour ordinaire où pour bavarder

Nous avions rendez-vous là

Avais-je eu tort d’accepter, d’être accompagné ?

Qui le premier réalisa ?

 

Ils n’ont rien entendu

De notre respect pour elle, notre combat pour elle, la vie

Sur le sol étendue

Les pantins s’exécutent et fuient

 

Je contemplais ton sourire rempli d’innocence

Quand soudain une lumière blanche

Du sang sur ta bouche et les enfants qui s’élancent

Doucement, ton visage qui penche

  

Les Rafales tricolores ont volé sur le café

Une bombe explose en Syrie

Une ceinture au milieu de la foule a détonné

Une bombe retentit à Paris

 

Ils sont morts aux ficelles du fric et du pouvoir

Tandis que les vrais tueurs

Dans une banque tropicale se croisaient au comptoir

Attisant l’amour de pleurs

 

Ils n’ont rien entendu

De notre respect pour elle, notre combat pour elle, la vie

Sur le sol étendue

Les pantins s’exécutent et fuient

Les pantins s’exécutent et fuient

Les pantins s’exécutent et fuient

Je te promets de faire semblant

 

Aime-moi

Amuse-moi

Quand tu vois que je ne me suffis pas

Hais-moi

Injure-moi

Quand mes yeux se contentent de ce qu’ils voient

Mais garde-moi toujours

Même quand tu penses avoir fait le tour

Quand mes défauts seront trop lourds

Je te promets de faire demi-tour

Je te promets de faire semblant

De m’être égaré un instant

 

Regarde-moi

Analyse-moi

Quand je deviens celui que je ne suis pas

Juge-moi

Persuade-toi

Que bien souvent je ne te mérite pas

 

Mais garde-moi toujours

Même quand tu penses avoir fait le tour

Quand tes rêves seront trop lourds

Je te promets de faire demi-tour

Je te promets de faire semblant

De te les porter un instant

 

Habitue-moi

Lasse-moi

De cet amour grand format

Réserve-toi

Une vie sans moi

Dis-toi que rien ne compte plus que toi

 

Lis-moi

Résume-moi

Quand ma main parle pour moi

Corrige-moi

Déchire-moi

Si mes mots ne te conviennent pas

 

Mais garde-moi toujours

Même si tu penses avoir fait le tour

Et si tu as perdu ton amour

Je te promets de faire demi-tour

Je te promets de plus faire semblant

De m’en sortir tout seul devant

 

Mais ouvre-moi je t’en supplie

Autour de moi je les entends rire

De me voir tous les jours à genoux

Certains me crient que je suis fou

Que des années sont passées

Que d’être coincé au fond du trou

C’est le prix d’avoir savouré

La saveur des larmes sur tes joues

Certains me disent que j’invente tout

Certains me disent que j’invente tout

Certains me disent que j’invente tout-

Papa diffe

Au chaud dans ta turbulette

Tu m'écoutes et serres mes doigts

Je te montre étoiles et bêtes

Du livre posé sur moi

J'essaie d'être convaincant

Ton innocence te servira mon enfant

Mais dors pour le moment

 

Voiture et pare-brise gelés

Tracts sur la banquette arrière

Quand de nuit il partait bosser

Je repense à mon père

Le temps a filé dans tes bras

Les copains doivent déjà être là

On va donner de la voix

 

J’entends d’ici, pourquoi se battre tant pis

Tout est déjà plié

Laissons-les décider

Mais j’t’entends déjà, pourquoi t’es resté là

Papa, toi qu’as-tu fait

Quel monde tu m’as laisse

  

L'édito de la semaine

Bienvenue aux réfugiés

On a mis les mitaines

Ça presse au tourniquet

Quelques soient leurs journées

Les prolétaires se font voler

Leur humanité

 

Ent’ deux tracts on débat

Avec lèvres engourdies

Pour la grève qui sera là

L'appel sera-t-il suivi

Je t'imagine rêvant déjà

Blottie là, dessous ton drap

Et loin de tout ça

 

J’entends d’ici, pourquoi se battre tant pis

Tout est déjà plié

Laissons-les decider

Mais j’t’entends déjà, pourquoi t’es resté là

Papa, toi qu’as-tu fait

Quel monde tu m’as laissé

 

La diff est terminée

Sur le chemin retour

Fument seules les cheminées

De gens ni contre ni pour

Pas d’héros, juste un long combat

Pour renverser cet ordre-là

Pour ma fille à moi

 

J’entends d’ici, pourquoi se battre tant pis

Tout est déjà plié

Laissons-les décider

Mais j’t’entends déjà, pourquoi t’es resté là

Papa, toi qu’as-tu fait

Quel monde tu m’as laisse

 

Mais j’t’entends déjà, pourquoi t’es resté là

Papa, toi qu’as-tu fait

Quel monde tu m’as laissé

Quel monde tu m’as laisse

Quel monde tu m’as laissé

 

Tonton Georges

 

Par hasard entre Nîmes et Narbonne

J’écoutais une intro pas si bête

De la Lorraine déjà trop de bornes

Et si j’allais au cimetière de Sète

Je visitai le musée

Tes musiques aux oreilles

Si près, ta présence m’impressionnait  

Si loin, tes mots n’avaient nuls pareils

 

Puis il suffit de passer la route

De suivre ton nom sur les flèches de bois

Pour nous ramener à toi sans doute

Sans déranger ceux sous le même toit

Je contemplais ta demeure

Lorsque j’ai entendu

« Et toi, aide-moi à sortir je meurs

Ils m’ont mis trop d’épaisseurs dessus »

 

A peine franchis l’angle du cimetière

Ton ami René nous attendait

Pour nous bousculer sans trop d’manières

Dans le Paris-Méditerranée

Comme un chemin à l’envers

Je buvais vos paroles

Tandis que retrouvés comme deux frères

Bacchus vous couvait d’une auréole

                     

Je t’ai emmené impasse Florimont

Boire avec Jeanne et la longue faux

Voir la cane qui avait fait des canetons

Et l’portrait qu’avait créé Renaud

Toi l’nombril des femmes de flics

Lui, qui a sans vergogne

Sans adultère, embrassé un flic

Mort donc brave type, tu lui pardonnes

 

Puis nous sommes partis voir les amis

Corne d’Aurochs chez les argousins

Les Jean-pierre, Paul et compagnie

Ne t’auront jamais posé d’lapins

Le bateau a navigué

Il n’a pas chaviré

Même si vous nous l’avez fait gober

Vous bandez toujours sous votre ciré

 

Mais le jour commençait à pointer

T’as joué un dernier air de guitare

J’ai compris ce qu’il faut de regrets

Pour aux frissons continuer à croire

J’t’ai raccompagné chez toi

Tout soûl que tu étais

Tu t’es glissé dans ta boîte de bois

Ivre d’avoir fait l’cimetière buissonnier

 

Tout penaud, je suis retourné au nord

Pensant aux potes qui m’croiraient jamais

On t’a emprunté quelques accords

Pour t’offenser de cet hommage grossier

Nous voilà bien avancés

Avec nos piètres mots

Quand les tiens traversent les années

On ne les égalera pas d’sitôt